Le patron a loué un orchestre, monté une scène au pied des pyramides et chanté devant deux mille personnes qui n'avaient pas le choix. Le morceau s'appelle « The Chamo ». Il est, disons-le, meilleur qu'on ne l'espérait.
Dans le remaniement des noms, un cas mérite qu'on s'y attarde : chez les Chamoteurs, deux coureurs ont échangé leur identité. Ce n'est pas une erreur de greffe. C'est une correction.
On peut enfin passer ses bêtes en revue une par une : leur race, leurs stats, leur forme du jour, leurs accessoires. Et les entraîner — à condition que ce soit dimanche, entre 17 et 20 heures.
Jusqu'ici on courait en silence. Depuis quelques jours, chaque arène a sa musique, chaque bande a son thème, et le moindre jeton posé sur la table fait un bruit de jeton posé sur une table.
Deux arènes ont changé de nom, trois événements aussi, et une dizaine de coureurs se sont réveillés avec une nouvelle identité. La maison appelle ça « une clarification ». Personne n'a été consulté.
Cinq adversaires par faction, affrontés un par un, le patron en dernier. Chaque victoire raye un nom. C'est simple, c'est brutal, et ça s'appelle le tableau de chasse.
Gagner la course ne suffit pas. La maison note à la fois ta bête et ton pari — et si tu n'as rien placé de juste, tu repars les mains vides, même en franchissant la ligne en tête.
Un événement par jour, un par faction, dans des arènes qu'on ne connaissait pas. Sauf le dimanche : ce jour-là, la caisse est fermée et le manège est ouvert.
Turbos, peaux de banane, scarabées, fumigènes : la maison vend désormais l'arsenal au grand jour. Vingt et un objets, quatre niveaux de rareté, et deux articles qui ne se paient qu'en diamants.
Fini les écuries qui alignaient trois chamos et raflaient tout. Désormais, un patron n'engage qu'une seule bête par course. Les quatre autres partants sont des adversaires. Et si la tienne gagne, la maison ajoute une prime.
Al Pacciamo a fait ce qu'il n'avait jamais fait : il a donné la liste. Six bandes, trente bêtes, un ordre de passage. On sait désormais qui court, où, et contre qui.
Le studio nous ouvre ses portes : les chamos ont enfin un squelette digne de ce nom, et leurs bosses ballottent quand ils galopent. C'est bête, mais ça change tout.
Sept jours dans l'enceinte du temple, à observer une faction qui considère la conversation comme une faiblesse. Bilan : trois inclinaisons, un regard, et zéro mot.